Chouaib Sahnoun
Dans le cadre de la 25ᵉ édition du Festival du Cinéma Africain de Khouribga (FICAK), la ville minière s’est transformée en carrefour de réflexions artistiques et technologiques. Le lundi 23 juin 2025, l’École Nationale des Sciences Appliquées (ENSA) de Khouribga a accueilli une conférence majeure sur le thème :
«Intelligence artificielle et cinéma: entre création et disruption». Ce rendez-vous a rassemblé des chercheurs, des réalisateurs, des scénaristes et des professionnels du numérique autour des bouleversements que l’IA provoque dans le septième art.
Au cours de cette table ronde passionnée, les intervenants ont exposé les diverses utilisations de l’IA dans l’industrie cinématographique. Jadis confinée à des tâches purement techniques telles que l’étalonnage des couleurs ou la restauration d’images, l’intelligence artificielle est désormais capable d’assister à l’écriture de scénarios, de générer des effets spéciaux de pointe, d’analyser des scripts pour anticiper le succès commercial d’un film, voire de proposer des castings optimisés selon des algorithmes prédictifs.
Un autre point crucial abordé: l’émergence d’expériences interactives où les spectateurs peuvent choisir, grâce à l’IA, différentes fins à un même film, ouvrant la voie à une personnalisation de l’expérience cinématographique inédite. Cette innovation redéfinit les frontières du récit linéaire, tout en posant de nouvelles questions sur la place du spectateur dans le processus créatif.
Dans une atmosphère d’échange intense, les participants ont souligné l’importance de considérer l’intelligence artificielle non comme un substitut à la créativité humaine, mais comme un outil complémentaire qui peut enrichir la vision artistique. Ils ont plaidé pour une intégration éthique et réfléchie de ces technologies, afin de préserver l’âme et l’émotion propre à l’art cinématographique.
Cette conférence illustre l’ambition du Festival de Khouribga : ne pas se limiter à la projection de films, mais également ouvrir des espaces de réflexion sur les mutations profondes qui affectent le monde du cinéma africain et international. En embrassant les enjeux du numérique, le FICAK confirme sa vocation à anticiper les grands débats culturels de demain.
À noter que cette initiative s’inscrit dans un mouvement mondial où de grands festivals comme Cannes ou la Berlinale intègrent également des réflexions sur l’IA et l’innovation technologique dans leur programmation.
Khouribga devient ainsi un laboratoire africain de la cinématographie de demain, entre tradition narrative et ruptures technologiques.
اترك تعليقا